[TEXTE] Réminiscences

Publié le par Dadzou

Ermac et Perrin marchaient côte à côte. Cela faisait un bon moment qu’ils étaient en territoire ennemi, à l’affût du moindre bruit ou mouvement suspect, et aucun d’eux n’avait encore adressé la parole à l’autre depuis leur arrivée dans le Royaume de Bak Tor. Ils venaient de pénétrer dans une clairière, quand Perrin jugea le moment opportun pour lancer la conversation.
 
-         Tu es sûr que ça va aller ? tu te rappelles le but de notre mission ?
-         T’inquiète pas, coco ! Tu connais ma devise : « Quelque soit l’adversaire, je l’affronterai ! »
-         … tu sais pourtant bien ce qu’a dit le boss avant qu’on parte : l’un des nôtres peut avoir été capturé et manipulé à l’aide d’un sort ?
-         Dans ce cas, cette personne connaît les règles et sait à quoi s’en tenir. Qui que ce soit, je l’occirrai de la pointe de mon épée !
-        
 
Ils s’approchèrent davantage du lieu décidé en réunion, celui marqué d’une croix rouge sur la carte d’Ermac. Ils s’arrêtèrent. Perrin, les poings sur les hanches, scruta l’horizon, tandis qu’Ermac se pencha pour ramasser et humer une pâquerette. Tout semblait normal… sauf le chant des oiseaux, curieusement absent, ce qui perturba Perrin, mais laissa Ermac de marbre, trop occupé qu’il était à composer un bouquet.
 
Soudain, alors qu’il allait pour cueillir une dernière fleur, une flèche alla se loger près de sa main. Ermac sursauta tout en dégainant son épée. Perrin avait vu la position du tireur, et avait envoyé une boule de feu dans sa direction. Toute la cime de l’arbre fut carbonisée, mais le tireur avait évité de justesse l’attaque en sautant dans l’herbe. Il faisait maintenant face aux deux héros du Royaume de Snurff. Il était en position pour une nouvelle attaque.
 
Perrin prépara une nouvelle boule de feu dans sa main droite, mais Ermac posa sa main sur l’avant-bras de son ami.
-         Qu’est-ce que tu fais, Ermac ?
-         Attends… c’est impossible… pourquoi…
-         Attention !!!
Leur adversaire avait déjà dégainé et fonçait sur eux aussi vite que le vent, l’épée prête à fendre leur crâne. Dans un mouvement, Perrin écarta Ermac et contra le coup d’épée. Il réussit même à repousser l’opposant qui fit un salto arrière pour se réceptionner plus loin, accroupi.
 
Perrin découvrit alors ce qui avait empêché son ami d’agir. Son opposant était une jeune femme, connue sous le nom de Faëline. Elle faisait partie de leur royaume, était un de leur meilleurs combattants, et était aimée par Ermac. Seulement cela faisait plusieurs mois qu’elle avait disparue, certains la croyant morte. Or elle se tenait devant eux, bien vivante, le regard froid, voire vide d’expression. Comme un zombie.
 
Faëline fit un mouvement du bras droit, concentra de l’énergie dans la paume de sa main droite, et projeta un faisceau d’énergie dans la direction de Perrin. Il l’esquiva en sautant sur le coté, et réussit à lui envoyer une autre boule de feu avant d’atterrir de nouveau sur ses pieds. Faëline esquiva sa boule de feu, et Perrin était tombé dans un des pièges qu’elle avait posé avant de prendre position dans l’arbre. Il s’agissait d’un sort d’immobilité, qui en outre vidait le prisonnier de son énergie vitale. Tel un épouvantail, Perrin n’avait plus qu’à attendre sa mort… ou celle de Faëline. Ermac se mit à crier :
-         Faëline ! Reprends-toi ! Tu ne me reconnais donc pas ?
-         Arrête, Ermac ! Rappelle-toi la mission !!
-         Faëline !!!!!
 
Elle le regarda, pencha la tête sur le côté, et esquissa un sourire. Elle leva alors le bras droit en direction du ciel, et une boule d’énergie se créa au-dessus de sa main. La boule grossissait à vue d’œil, et Perrin ne savait que faire. S’il n’agissait pas, Ermac périrait à coup sûr, aveuglé par son amour passé.
-         Faëline ! C’est moi, Ermac !! Faëline !!!
-         Ermac, réagit bordel ! On va y passer !!
-         Non ! Jamais je ne porterai la main sur elle, et toi non plus, compris ?
-         Mais tu ne comprends pas ??!! La Faëline que tu as aimée est morte !! Et celle-là veut notre mort à nous !!
-         Tais-toi !!!!!
-         Si tu la laisses faire, on y passe tout les deux, et notre mission sera un échec ! C’est ce que tu veux ?! Alors reprends-toi mon vieux !! Je sais que c’est dur, mais rappelle-toi ta devise : « Quelque soit l’adversaire… »
-         … « …je l’affronterai. » Je l’affronterai !! 
 
La boule d’énergie de Faëline faisait maintenant plus d’un mètre de diamètre. Des éclairs fusaient de toute part de cette boule. C’est alors que de sombres nuages apparurent dans le ciel, au-dessus de la tête de Faëline. Ermac avait décidé d’agir. Malgré sa profonde tristesse et les larmes qui coulaient de rage et de désespoir, il se concentrait.
 
Les nuages, dont la taille avait décuplée en quelques secondes, absorbèrent entièrement l’énergie de la sphère. Hébétée, Faëline observa au-dessus d’elle. Les nuages crépitaient et un tourbillon lumineux s’était créé en son centre. Toute l’énergie créée par Faëline s’était retrouvée happée par le nuage. Elle voulu s’écarter de sa position, mais il était déjà trop tard. Un puissant faisceau lumineux descendit en ligne droite sur elle et la pulvérisa en un instant. On ne l’entendit pas hurler de douleur ; elle n’en eut pas le temps.
 
Ermac tomba à genoux, et pleura. Perrin, libéré de son sort immobilisateur, s’écroula sur l’herbe. De Faëline, il ne restait que quelques cendres qui flottaient encore dans l’air. Les nuages avaient disparu. C’est alors que la silhouette de Faëline apparut à côté d’Ermac. Son fantôme se pencha sur lui, l’embrassa sur la joue et sourit. Ermac leva sa tête et s’excusa :
-         je suis vraiment désolé, j’aurais tant aimé que cela ne se finisse pas ainsi.
-         Je sais tout cela, mon cher. Je connais la portée de ton amour à mon égard, et pour cela je suis moi-même désolée d’avoir failli mettre fin à vos jours.
-         Mais que t’es t’il arrivé ? On te disait morte ?
-         C’était presque le cas. Iléus m’a capturée lors d’une de mes missions il y a de cela quelques mois déjà, et m’a dépossédée de mon âme. J’étais passée sous son contrôle, et il attendait le bon moment pour m’utiliser.
-         Iléus !! Je te jure qu’il mourra des mes mains !! Je t’en fais la promesse, ma chérie !
-         J’en suis sûre. Mais fais attention à ce que son âme ne quitte pas son corps avant de l’avoir pulvérisé, sans quoi il deviendrait difficile à localiser.
-         Compte sur moi ! Je l’aurai !
Le fantôme de Faëline embrassa Ermac, et commença à s’estomper.
-         Merci…
 
Alors qu’elle disparut, Ermac s’essuya le visage et se releva. La route qu’il avait effectuée en compagnie de Perrin avait été relativement sans encombres, mais ce dernier affrontement avait été un coup dur pour les nerfs. Seulement maintenant Ermac était gonflé à bloc. Plus rien ne pouvait les arrêter. Il alla vers Perrin, et le souleva.
-         ça va aller, vieux ?
-         et toi ?
-         Iléus va souffrir, tu peux me croire !
-         Alors on est reparti, dude !
 
Ermac et Perrin se remirent en route, en direction de la forteresse d’Iléus. Ils savaient ce qui les attendaient, mais y étaient préparés, et un sentiment de vengeance les animait désormais…
 
 
Ermac se réveilla soudainement en criant:
-         Faëline !!!
-         Ça y est, tu es réveillé ?
Il regarda autour de lui, et vit un étrange personnage juché sur un rocher proche de son feu de camp. Son accoutrement démontrait à lui seul que cet homme n’était pas du coin. Mais qui était-il, et d’où venait-il ? De plus, il semblait connaître Ermac… et rappelait des souvenirs enfouis à Ermac.
-         alors, tu me remets, vieux ?
-         … tu es la marchand de patate de la ville voisine ?
-        
-         non, ne dis rien ! Attends, je vais trouver… je sais ! Tu es une de ces personnes chargées de surveiller le bon déroulement des missions !
-        
-         raah, je vais trouver ! Tu es…
-         Perrin. Perrin, ton vieux pote, avec qui tu as effectué moult missions ! Rappelle-toi ! Le royaume de Snurff !
-         … j’avoue avoir du mal. Mais ton nom me dit quand même quelque chose, c’est déjà ça de gagné ! Tu as faim ?
 
Ermac fouilla dans son sac à la recherche de viande séchée.
-         tu ne m’as pas dit pourquoi tu étais là ? Un autographe, peut-être ?
-        
-         je ne pensais pas être connu jusque dans ton royaume ! Tu veux quoi avec ta viande sinon ?
-         … on a de bonnes raisons de croire qu’Iléus a ressuscité, et qu’il recommence à faire des siennes.
Ermac laissa tomber la tranche qu’il venait d’attraper, et resta figé, le regard dans la sacoche. Perrin reprit le fil de la discussion.
-         Il est apparu dans un royaume appelé la Terre, après avoir pris possession du corps d’un adolescent. Il en prend maintenant le contrôle à volonté, et se met à ravager son entourage.
-         Impossible ! On l’avait pourtant tué !!
-         Ah ben quand même ! Tu t’en souviens ! On avait peur avec les autres, que tu ne sois devenu totalement fou après notre dernière mission contre Iléus, il paraît que tu as même créé de toi-même cet univers personnel avant d’effacer ta mémoire et de t’y fondre…
-         C’est exact. J’en avait assez d’obéir aveuglément aux ordres de la Guilde. Surtout après la mort de Faëline. Je voulais repartir de zéro. Mais j’en suis revenu. Et ce que tu viens de me dire m’a remémoré bien des choses…
 
Perrin parut satisfait. Cela se voyait au large sourire affiché sur son visage. Il avait parcouru moult royaumes avant de trouver Ermac, et il avait suffit que celui-ci utilise ses pouvoirs pour en suivre la trace. Il lui posa alors la question fatidique :
-         Alors ? Me suis-tu pour mettre un terme définitif à la vie d’Iléus ?
Ermac afficha un sourire carnassier, toutes dents dehors :
-         Tu m’étonnes, John ! On va le trouver, et lui régler son compte, comme au bon vieux temps !
-         Alors suis-moi !
 
Perrin sauta de son rocher. Il avança de quelques pas et s’immobilisa. Il écarta les bras, qui se mirent à briller. De la lumière naquit dans la paume de ses mains, qu’il claqua soudainement entre elles. De la déflagration naquit un cercle de lumière, qui s’avéra en fait être un portail spatio-temporel. Perrin y pénétra, suivit d’Ermac. Le portail disparut alors derrière eux, laissant le monde artificiel livré à lui-même. 

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Lesendar 26/11/2007 13:31

Mouais. Le texte est sympa. Classique mais sympa. Dommage que les terme scomme Dude ou john soient là aussi. Pour Ermac, il a perdu le côté "comique" d'antan...Mais bon, ça fait un petit texte sympa  (oui je sais qu'il est plus long^^)