[TEXTE] Ermac et les Hamsters Kamikazes

Publié le par Dadzou

La nuit était tombée dans un fracas assourdissant. Ceux qui ne s’y étaient pas attendu eurent très mal, car le ciel était alors chargé d’ondes négatives, que certains alchimistes éclairés appelaient « orage ». Fort heureusement pour lui, Ermac avait prévu d’opter pour la technique dite de « l’ours en hiver » ; il avait décidé de passer la nuit dans une caverne, qui avait eu la bonne idée de se présenter à son regard un peu plus tot dans la soirée.
 
Il y passa une nuit agitée, faisant des rêves absurdes dans lesquels des gens tout de noir vêtus, vivaient et déambulaient au sein de grande tours métalliques, se déplaçaient dans des chariots métalliques bruyants, et parlaient une langue inconnue. Mais curieusement, lorsqu’il se remémora ses rêves, Ermac eu comme une sensation de déjà-vu, comme s’il avait vécu parmi ces personnes dans une autre vie. Cela le perturba un instant, mais il oublia cette pensée en avalant sa deuxième bouchée de viande séchée.
 
Va me falloir terminer cette mission en vitesse, ça m’gonfle cette bouffe…
 
Pour la première fois depuis un long moment, voire des années, une mission avait été allouée à Ermac, on lui faisait enfin confiance. Et étant donné le coté dangereux de cette mission, il avait apparament fait très bonne impression. Son but était de localiser et exterminer le gang des Hamsters Kamikazes, les fameux HK qui terrorisaient la région depuis de longs mois…
 
Ermac avait demandé une description des membres de ce gang au fonctionnaire chargé de distribuer les ordres de mission aux valeureux aventuriers de tout poil. Celui-ci le regarda ébahi, se demanda de quelle prairie était issu Ermac.
-         ben quoi, z’avez jamais vu un hamster ?
-         certes, mais ce ne sont pas ces bestioles de 150 grammes qui vous terrorisent, non ?
-         c’est que vous n’avez jamais vu l’un d’entre eux, alors.
-         C’est pourquoi je vous en demande une description, répliqua Ermac en essayant de contenir sa colère. Il avait attendu trop longtemps dans la file d’attente, et qu’ensuite l’homme revienne de sa pause, pour entendre des remarques sarcastiques de sa part.
-         Ben, c’est pourtant simple : imaginez un hamster, avec un bandana rouge sur le front et une ceinture de dynamite adaptée à sa taille.
-        
-         quoi ? faites pas cette tête !
-         et vous craignez… bon, bref, donnez moi ça, je signe et j’me casse d’ici en vitesse.
 
Sous un soleil de plomb, écrasé par la chaleur d’un été implacable, Ermac se demandait par où commencer. Localiser des hamsters n’était effectivement pas chose aisée, tout kamikazes qu’ils aient pu être. Il s’assit et se mit à réfléchir.
 
Après avoir dormi une bonne heure, il se décida à aller visiter la ville qui s’étendait devant lui : Pug’ib. Il constata le côté singulier des habitants : ils dodelinaient sans cesse, marchaient tête baissée et le regard méfiant, crachaient continuellement par terre après vous avoir regardé, et avaient un dialecte… particulier. Ermac s’approcha de l’un d’eux et luidemanda des renseignements concernant sa mission.
-         bonjour, mon brave.
-         Wesh, gros, big up !
-         Euh... certes. En fait, voyez-vous, j’aurais voulu savoir si vous aviez entendu parler du gang des HK…
-          T’as dit quoi ? z’y va, mon frère, j’capte que dalle à c’que tu jactes !
-         gné ? bon, bref, on va faire simple. Z’avez vu des hamsters kamikazes dans le coin ?
-         ah ouais, direct man ! j’imprime grave, là ! Ces enfoirés ont fait sauté le keb’ du oinc !
-         … mais encore ?
-         ben on croirait pas com’as, mais ils sont grave dangereux, les bestiaux ! Z’ont les glandes, les bob ici maintenant !
-         … certes. Merci des renseignements, mon brave.
 
Ermac s’éloigna de son interlocuteur, et alors qu’il se demandait auprès de qui se renseigner, il entendit une détonation un peu plus loin. Ermac adopta la technique dite du « chevalier-qui-court » et se rapprocha du lieu de la déflagration. Il se faufila au travers de la foule de curieux, et vit plein de sang partout… Fort de son statut d’aventurier, il se permit d’examiner le lieu : il s’agissait apparement d’une taverne, car l’air était saturé d’odeur de bières de toutes sortes, et une pancarte sur laquelle était inscrit « Taverne des mecs bourrés » pendait au-dessus de la porte.
 
Erma choisit de n’ignorer aucune piste ; s’agissant d’une taverne, la déflagration avait pu faire suite à une bagarre ayant mal tournée. Il mis aussitôt cette hypothèse de côté lorsqu’un autochtone lui montra un parchemin rédigé dans une langue assez étrange.
-         vous qu’avez l’air calé, y’a quoi d’écrit là ?
-         Hum. D’après mes grandes connaissances en la matière, et si je ne me laisse pas abuser par le côté hautement explicite de ce texte, en vertu de…
-         Oh là, mon pote, cherche pas à m’rouler, t’as pigé ? Sinon j’donne pas cher de ta peau ici !
-         … mouais. Bref. Voilà ce qui est écrit :
 
Moi, Pollux, Grand Prêtre de l’Ordre des Hamsters Poilus et Maitre du gang des Hamsters Kamikazes, j’espère vous avoir bien fait souffrir, vous les humains qui nous faites faire des choses horribles ! Depuis trop longtemps nous étions vos esclaves, depuis trop longtemps nous n’étions que l’objet de vos railleries et de votre amusement.
Mais ce temps est révolu, car moi, Pollux, suis l’instigateur d’une guerre à venir, une grande guerre comme jamais on n’en a vu, une guerre opposant les humains aux hamsters ! Un jour les hamsters se soulèveront en masse et viendront jusque dans vos maisons s’occuper de vos enfants !
Je dis un jour, car pour le moment, le gang des Hamsters Kamikazes se met en stand-by, étant son dernier représentant. Attendez-vous cependant à ce qu’un jour, l’un des notres reprenne le flambeau ! Craignez la furie des hamsters !
 
Hamsterement votre,
Pollux.
 
Tous restèrent sans voix. Cela ne pouvait être vrai. Cela devait être impossible. Le Maitre du gang des Hamsters Kamikazes était venu en personne se donner la mort, et cela provoquait ainsi la fin du gang en question. Cela signaitdonc la fin des attentats, la fin de la terreur provoquée par ces petites bêtes poilues. Un des autochtones laissa échapper une exclamation de joie, aussitôt reoint par ses voisins. Tous étaient soulagés par l’annonce de la fin de la Grande Peur.
 
Tous sauf Ermac. Il restait immobile, la tête penchée, se posant plein de questions. Lui qui s’attendait à vivre la grande aventure, à livrer bataille face à une armée de monstres en tous genres, à sauver des princesses, alors qu’au lieu de cela, sa quête s’était achevée de la plus absurde des manières. Certes, le papier qu’il tenait dans la main prouvait que le but de la mission était atteint, mais serait-il payé ? Sa présence avait-elle été utile ? L’administration n’en profiterait-elle pas pour économiser encore une fois une prime qui lui était dûe ?
 
Toutes ses questions lui trottaient dans sa tête. Alors que les autochtones dansaient le zouk autour de lui pour fêter l’évênement, il serra les poings dans un mouvement de colère. Lui qui avait un jour pensé pouvoir changer de vie et vivre une vie d’aventurier dans ce monde, tout tendait à lui prouver le contraire. Rien ne se passait comme il l’espérait ici-bas, et cela l’exaspérait au plus haut point.
 
Des nuages apparurent dans le ciel, sombres comme la nuit. La température chuta de plusieurs degrés. Le vent se leva brusquement, formant ici et là de petits tourbillons soulevant de la poussière. Le tonnerre gronda et on vit des éclairs tomber dans le village. Le bruit en était assourdissant. Les villageois prirent peur ; rien de pareil ne s’était jamais produit dans le coin. Alors qu’ils commençaient à courir dans tous les sens pour rejoindre des abris, le sol se mit à gronder sous leurs pieds et des rochers se mirent soudainnement à s’arracher de la terre, comme si la gravitation était devenue inexistante.
 
Une énorme déflagration jaillit brusquement et rasa le village entier en quelques secondes. Aucun villageois n’y survécu, tous furent désintégrés par la puissance du souffle destructeur. Ermac, qui s’était trouvé au centre de cette déflagration, avait fini de hurler. Il perdit connaissance et s’écroula. Il était le seul survivant au milieu d’amas de rochers, au milieu de ce qui avait été un village quelques minutes plus tôt et qui n’était maintenant que ruines fumantes sans vie…   
 

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yayis 10/06/2007 14:25

Je suis fan aussi ! Et c'est pas parce que je suis ta soeur que je le dis. C'est vraiment bien écrit, agréable à lire, et l'histoire est vraiment trippante :)Deux petites remarques en revanche : pourrais-tu mettre les initiales devant les dialogues, pour qu'on sache mieux qui parle, parce que ce n'est pas toujours clair je trouve. Et éventuellement corriger les petites fautes de frappe...Mais dans l'ensemble, BRAVO !

Dadzou 10/06/2007 14:38

merci merci, c'est gentil ^^
pour ce qui est de l'écriture, c'est sur qu'avec Graham Masterton comme inspiration, je ne risque pas de faire du Balzac :p et l'histoire est venue comme ça, je pensais parler d'hamsters kamikazes (oui, ça m'arrive) mas je ne savais pas comment finir, donc le texte a trainé... c'est cool que vous ayez aimé, la suite arrivera un jour ^^

lesendar 10/06/2007 02:06

Pour changer:pBah comme les fois précédentes j'ai aimé! Quelques voies de facilité dans la narration, mais pour un texte "léger" c'est largement excusable.Seule grosse remarque c'est que c'est ton texte le plus abouti je pense! Y a une vraie histoire entière, avec l'ouverture à la fin pour une suite :)On sent les influences de ta vie IRL (sale rappeur). Mais c'est vraiment bon à lire en tout cas!Comme d'hab: Vivement la suite ;)