Vendredi 23 novembre 2007
Ermac et Perrin marchaient côte à côte. Cela faisait un bon moment qu’ils étaient en territoire ennemi, à l’affût du moindre bruit ou mouvement suspect, et aucun d’eux n’avait encore adressé la parole à l’autre depuis leur arrivée dans le Royaume de Bak Tor. Ils venaient de pénétrer dans une clairière, quand Perrin jugea le moment opportun pour lancer la conversation.
 
-         Tu es sûr que ça va aller ? tu te rappelles le but de notre mission ?
-         T’inquiète pas, coco ! Tu connais ma devise : « Quelque soit l’adversaire, je l’affronterai ! »
-         … tu sais pourtant bien ce qu’a dit le boss avant qu’on parte : l’un des nôtres peut avoir été capturé et manipulé à l’aide d’un sort ?
-         Dans ce cas, cette personne connaît les règles et sait à quoi s’en tenir. Qui que ce soit, je l’occirrai de la pointe de mon épée !
-        
 
Ils s’approchèrent davantage du lieu décidé en réunion, celui marqué d’une croix rouge sur la carte d’Ermac. Ils s’arrêtèrent. Perrin, les poings sur les hanches, scruta l’horizon, tandis qu’Ermac se pencha pour ramasser et humer une pâquerette. Tout semblait normal… sauf le chant des oiseaux, curieusement absent, ce qui perturba Perrin, mais laissa Ermac de marbre, trop occupé qu’il était à composer un bouquet.
 
Soudain, alors qu’il allait pour cueillir une dernière fleur, une flèche alla se loger près de sa main. Ermac sursauta tout en dégainant son épée. Perrin avait vu la position du tireur, et avait envoyé une boule de feu dans sa direction. Toute la cime de l’arbre fut carbonisée, mais le tireur avait évité de justesse l’attaque en sautant dans l’herbe. Il faisait maintenant face aux deux héros du Royaume de Snurff. Il était en position pour une nouvelle attaque.
 
Perrin prépara une nouvelle boule de feu dans sa main droite, mais Ermac posa sa main sur l’avant-bras de son ami.
-         Qu’est-ce que tu fais, Ermac ?
-         Attends… c’est impossible… pourquoi…
-         Attention !!!
Leur adversaire avait déjà dégainé et fonçait sur eux aussi vite que le vent, l’épée prête à fendre leur crâne. Dans un mouvement, Perrin écarta Ermac et contra le coup d’épée. Il réussit même à repousser l’opposant qui fit un salto arrière pour se réceptionner plus loin, accroupi.
 
Perrin découvrit alors ce qui avait empêché son ami d’agir. Son opposant était une jeune femme, connue sous le nom de Faëline. Elle faisait partie de leur royaume, était un de leur meilleurs combattants, et était aimée par Ermac. Seulement cela faisait plusieurs mois qu’elle avait disparue, certains la croyant morte. Or elle se tenait devant eux, bien vivante, le regard froid, voire vide d’expression. Comme un zombie.
 
Faëline fit un mouvement du bras droit, concentra de l’énergie dans la paume de sa main droite, et projeta un faisceau d’énergie dans la direction de Perrin. Il l’esquiva en sautant sur le coté, et réussit à lui envoyer une autre boule de feu avant d’atterrir de nouveau sur ses pieds. Faëline esquiva sa boule de feu, et Perrin était tombé dans un des pièges qu’elle avait posé avant de prendre position dans l’arbre. Il s’agissait d’un sort d’immobilité, qui en outre vidait le prisonnier de son énergie vitale. Tel un épouvantail, Perrin n’avait plus qu’à attendre sa mort… ou celle de Faëline. Ermac se mit à crier :
-         Faëline ! Reprends-toi ! Tu ne me reconnais donc pas ?
-         Arrête, Ermac ! Rappelle-toi la mission !!
-         Faëline !!!!!
 
Elle le regarda, pencha la tête sur le côté, et esquissa un sourire. Elle leva alors le bras droit en direction du ciel, et une boule d’énergie se créa au-dessus de sa main. La boule grossissait à vue d’œil, et Perrin ne savait que faire. S’il n’agissait pas, Ermac périrait à coup sûr, aveuglé par son amour passé.
-         Faëline ! C’est moi, Ermac !! Faëline !!!
-         Ermac, réagit bordel ! On va y passer !!
-         Non ! Jamais je ne porterai la main sur elle, et toi non plus, compris ?
-         Mais tu ne comprends pas ??!! La Faëline que tu as aimée est morte !! Et celle-là veut notre mort à nous !!
-         Tais-toi !!!!!
-         Si tu la laisses faire, on y passe tout les deux, et notre mission sera un échec ! C’est ce que tu veux ?! Alors reprends-toi mon vieux !! Je sais que c’est dur, mais rappelle-toi ta devise : « Quelque soit l’adversaire… »
-         … « …je l’affronterai. » Je l’affronterai !! 
 
La boule d’énergie de Faëline faisait maintenant plus d’un mètre de diamètre. Des éclairs fusaient de toute part de cette boule. C’est alors que de sombres nuages apparurent dans le ciel, au-dessus de la tête de Faëline. Ermac avait décidé d’agir. Malgré sa profonde tristesse et les larmes qui coulaient de rage et de désespoir, il se concentrait.
 
Les nuages, dont la taille avait décuplée en quelques secondes, absorbèrent entièrement l’énergie de la sphère. Hébétée, Faëline observa au-dessus d’elle. Les nuages crépitaient et un tourbillon lumineux s’était créé en son centre. Toute l’énergie créée par Faëline s’était retrouvée happée par le nuage. Elle voulu s’écarter de sa position, mais il était déjà trop tard. Un puissant faisceau lumineux descendit en ligne droite sur elle et la pulvérisa en un instant. On ne l’entendit pas hurler de douleur ; elle n’en eut pas le temps.
 
Ermac tomba à genoux, et pleura. Perrin, libéré de son sort immobilisateur, s’écroula sur l’herbe. De Faëline, il ne restait que quelques cendres qui flottaient encore dans l’air. Les nuages avaient disparu. C’est alors que la silhouette de Faëline apparut à côté d’Ermac. Son fantôme se pencha sur lui, l’embrassa sur la joue et sourit. Ermac leva sa tête et s’excusa :
-         je suis vraiment désolé, j’aurais tant aimé que cela ne se finisse pas ainsi.
-         Je sais tout cela, mon cher. Je connais la portée de ton amour à mon égard, et pour cela je suis moi-même désolée d’avoir failli mettre fin à vos jours.
-         Mais que t’es t’il arrivé ? On te disait morte ?
-         C’était presque le cas. Iléus m’a capturée lors d’une de mes missions il y a de cela quelques mois déjà, et m’a dépossédée de mon âme. J’étais passée sous son contrôle, et il attendait le bon moment pour m’utiliser.
-         Iléus !! Je te jure qu’il mourra des mes mains !! Je t’en fais la promesse, ma chérie !
-         J’en suis sûre. Mais fais attention à ce que son âme ne quitte pas son corps avant de l’avoir pulvérisé, sans quoi il deviendrait difficile à localiser.
-         Compte sur moi ! Je l’aurai !
Le fantôme de Faëline embrassa Ermac, et commença à s’estomper.
-         Merci…
 
Alors qu’elle disparut, Ermac s’essuya le visage et se releva. La route qu’il avait effectuée en compagnie de Perrin avait été relativement sans encombres, mais ce dernier affrontement avait été un coup dur pour les nerfs. Seulement maintenant Ermac était gonflé à bloc. Plus rien ne pouvait les arrêter. Il alla vers Perrin, et le souleva.
-         ça va aller, vieux ?
-         et toi ?
-         Iléus va souffrir, tu peux me croire !
-         Alors on est reparti, dude !
 
Ermac et Perrin se remirent en route, en direction de la forteresse d’Iléus. Ils savaient ce qui les attendaient, mais y étaient préparés, et un sentiment de vengeance les animait désormais…
 
 
Ermac se réveilla soudainement en criant:
-         Faëline !!!
-         Ça y est, tu es réveillé ?
Il regarda autour de lui, et vit un étrange personnage juché sur un rocher proche de son feu de camp. Son accoutrement démontrait à lui seul que cet homme n’était pas du coin. Mais qui était-il, et d’où venait-il ? De plus, il semblait connaître Ermac… et rappelait des souvenirs enfouis à Ermac.
-         alors, tu me remets, vieux ?
-         … tu es la marchand de patate de la ville voisine ?
-        
-         non, ne dis rien ! Attends, je vais trouver… je sais ! Tu es une de ces personnes chargées de surveiller le bon déroulement des missions !
-        
-         raah, je vais trouver ! Tu es…
-         Perrin. Perrin, ton vieux pote, avec qui tu as effectué moult missions ! Rappelle-toi ! Le royaume de Snurff !
-         … j’avoue avoir du mal. Mais ton nom me dit quand même quelque chose, c’est déjà ça de gagné ! Tu as faim ?
 
Ermac fouilla dans son sac à la recherche de viande séchée.
-         tu ne m’as pas dit pourquoi tu étais là ? Un autographe, peut-être ?
-        
-         je ne pensais pas être connu jusque dans ton royaume ! Tu veux quoi avec ta viande sinon ?
-         … on a de bonnes raisons de croire qu’Iléus a ressuscité, et qu’il recommence à faire des siennes.
Ermac laissa tomber la tranche qu’il venait d’attraper, et resta figé, le regard dans la sacoche. Perrin reprit le fil de la discussion.
-         Il est apparu dans un royaume appelé la Terre, après avoir pris possession du corps d’un adolescent. Il en prend maintenant le contrôle à volonté, et se met à ravager son entourage.
-         Impossible ! On l’avait pourtant tué !!
-         Ah ben quand même ! Tu t’en souviens ! On avait peur avec les autres, que tu ne sois devenu totalement fou après notre dernière mission contre Iléus, il paraît que tu as même créé de toi-même cet univers personnel avant d’effacer ta mémoire et de t’y fondre…
-         C’est exact. J’en avait assez d’obéir aveuglément aux ordres de la Guilde. Surtout après la mort de Faëline. Je voulais repartir de zéro. Mais j’en suis revenu. Et ce que tu viens de me dire m’a remémoré bien des choses…
 
Perrin parut satisfait. Cela se voyait au large sourire affiché sur son visage. Il avait parcouru moult royaumes avant de trouver Ermac, et il avait suffit que celui-ci utilise ses pouvoirs pour en suivre la trace. Il lui posa alors la question fatidique :
-         Alors ? Me suis-tu pour mettre un terme définitif à la vie d’Iléus ?
Ermac afficha un sourire carnassier, toutes dents dehors :
-         Tu m’étonnes, John ! On va le trouver, et lui régler son compte, comme au bon vieux temps !
-         Alors suis-moi !
 
Perrin sauta de son rocher. Il avança de quelques pas et s’immobilisa. Il écarta les bras, qui se mirent à briller. De la lumière naquit dans la paume de ses mains, qu’il claqua soudainement entre elles. De la déflagration naquit un cercle de lumière, qui s’avéra en fait être un portail spatio-temporel. Perrin y pénétra, suivit d’Ermac. Le portail disparut alors derrière eux, laissant le monde artificiel livré à lui-même. 
par Dadzou publié dans : Textes
Mardi 9 octobre 2007
Tapi dans l'ombre, il attendait sa proie. Il savait être patient, ne surtout pas dévoiler sa présence. Il savait que sa prochaine victime finirait par arriver par l'endroit prévu. Il ne connaissait pas son apparence, mais savait qu'elle lui serait dévoilée au dernier moment. Juste à temps.

Depuis combien de temps guettait-il, il l'ignorait. Seuls comptaient les bruits alentours, la luminosité ambiante. Il n'avait que faire du temps qui s'écoulait. Il savait que bientôt son plaisir macabre se déroulerait selon ses envies...
Un bruit vint l'avertir que le moment était venu: l'ascenseur s'était arrêté au bon étage ! Il n'en pouvait plus, trépignait d'impatience, mais celle-ci était enfin récompensée ! Sa future victime venait de sortir de l'ascenseur et de s'engager dans ce niveau ! Il la suivit du regard, et s'aperçut qu'elle était encombrée d'une poussette.

Simple détail... 

Il la suivit du regard, se méfiant des lumières qui pourraient le révéler à la vue de sa victime. A la vision du nombre de voitures garées dans ce niveau du parking souterrain, il avait deviné qu'elle devrait obligatoirement venir chercher la seule qui était restée, et s'était donc caché à proximité. Il la suivait toujours du regard. Elle avançait lentement, adressant des mots doux à l'occupant de la poussette. Elle avait l'air heureuse, peut-être avait-elle reçue une bonne nouvelle.

La dernière, sûrement...

Alors qu'elle approchait de sa voiture, il sortit de sa cachette tel un prédateur sortant de sa tanière pour abattre sa victime. Il abattit sa machette vers elle en hurlant, mais elle l'évita de justesse en faisant un pas de côté. Elle voulut courir, mais son bébé pleurant dans la poussette lui rendit la raison: elle ne pouvait l'abandonner ! Elle tenta alors de crier: " A l'aide !!!! Aidez-moi !!!"

Inutile !

Le Prédateur en profita pour lui attraper ses cheveux, et l'attira vers l'ombre en la tenant ainsi. "Noooon !!!! Au secours !!!! aaaaaaaaaaaaaah !!!" Elle se débattait, battait le sol en béton frénétiquement avec les talons de ses chaussures, mais rien n'y faisait: il continuait de la traîner vers l'ombre par ses cheveux. Le bébé pleurait de plus belle dans la poussette, couvrant presque les cris de sa mère.

Raaah, y m' gonfle !

Le Prédateur lâcha la femme, lui asséna un violent coup de poing au crane pour la calmer, lui frappa la tête contre le pilier en béton, et se dirigea ensuite vers la poussette. Il leva sa machette, et frappa jusqu'à ne plus entendre aucun bruit de la part du gosse. La poussette était maculée de sang, du bébé ne restait plus qu'un tas de viande informe ensanglanté, tel un roti mal découpé. Satisfait de sa besogne, le Prédateur essuya son arme sur son t-shirt déchiré. Les gémissements de la femme lui rappelèrent qu'elle était encore en vie... pour combien de temps encore !

A ton tour, ma belle ! Montre-moi comme tu cries bien !

La femme était étourdie, ne savait plus trop ce qu'il se passait. Cependant le silence était cruellement empli de sens. "Mon bébé ??!!! Que lui avez-vous fait ??!! Noooon !!! Pourquooooiiiii !!!!!!! Salaud !!!!!" Elle essaya de se lever et de se jeter sur lui en lui assénant des coups de poings, mais restait trop faible. Il lui restait à peine assez d'énergie pour hurler.

Tu es à moi, maintenant ! He he he he he !!!!

Tranquillement, il s'avança vers elle. Un sourire pervers, toutes dents dehors, prouvait à quel point ses actes lui procuraient du plaisir. Alors que la vie normale l'ennuyait au plus haut point, il avait enfin trouvé une occupation qui lui plaisait au-delà de toute espérance ! Rien à voir avec de la drogue, des prostituées ou autre. Non. Lui massacrait des innocents pour son simple plaisir pervers. Entendre des personnes hurler devant lui avant de subir ses coups de machette était son petit vice à lui. Ce soir, il avait atteint le comble de la joie en se faisant un nouveau-né dans une poussette. Jamais encore il n'avait atteint un tel paroxysme de joie.

Le Prédateur attrapa la femme en sanglots par les cheveux, lui tira la tête en arrière ce qui lui arracha un hurlement. Elle était agenouillée, sa queue de cheval dans la main du tueur, et savait sa fin proche. Il leva son bras droit, visa la nuque de la femme, et abattit sa machette. Une fois. La femme hurla: "Nooooooooooon !!!!!". Deux fois. "Aaaarrrgggggllllll......". Trois fois. La tête ne tenait plus qu'à moitié. Quatre fois. Ce serait pour bientôt. Cinq fois. On y est presque... Six fois. Le corps de la femme s'écroula, tandis sa tête resta dans la main du Prédateur. Il observa le corps sans vie de sa victime, jeta un coup d’œil à la tête qu'il tenait par les cheveux, et regretta un instant de ne pas lui avoir fait la conversation avant; elle était belle cette femme en fait... Bah, trop tard ! Tant pis.

Le Prédateur jeta négligemment la tête sur le corps ensanglanté de ce qui fut une femme, et lui tourna le dos. Il alla vers un coin sombre du parking, récupéra son imperméable et sortit une paquet de cigarettes de sa poche gauche. Il en extraie une et la porta à sa bouche. Il l'alluma, et se remit en marche, les mains dans les poches de son imperméable en se demandant quelle serait sa prochaine victime...  
par Dadzou publié dans : Textes
Mardi 12 juin 2007

Comme vous avez pu le constater par vous-mêmes, il m'arrive parfois d'écrire de petits textes de fiction. Juste comme ça, quand je suis inspiré et que je suis motivé pour rédiger une histoire. Deux personnages existent déjà, et ils ont chacun une "histoire" propre, le genre d'histoire qui aura peut-etre une fin un jour si je le décide ainsi. En attendant, j'ai rassemblé ci-dessous les textes en question en créant un lien pour chacun d'eux, permettant ainsi aux curieux que vous êtes de lire les histoires dans l'ordre. 

Ermac l'aventurier...

1 - Ermac
2 - Ermac à Kerps!
3 - Ermac: wanted dead or... dead !
4 - Ermac et les hamsters kamikazes 
5 - Réminiscences

 Ténèbres

1 - Bonheur ?
2 - Ténèbres
3 - Ténèbres (2eme partie) 

(divers)

1 - Kerps !
2 - Predator

par Dadzou publié dans : Textes
Vendredi 8 juin 2007
La nuit était tombée dans un fracas assourdissant. Ceux qui ne s’y étaient pas attendu eurent très mal, car le ciel était alors chargé d’ondes négatives, que certains alchimistes éclairés appelaient « orage ». Fort heureusement pour lui, Ermac avait prévu d’opter pour la technique dite de « l’ours en hiver » ; il avait décidé de passer la nuit dans une caverne, qui avait eu la bonne idée de se présenter à son regard un peu plus tot dans la soirée.
 
Il y passa une nuit agitée, faisant des rêves absurdes dans lesquels des gens tout de noir vêtus, vivaient et déambulaient au sein de grande tours métalliques, se déplaçaient dans des chariots métalliques bruyants, et parlaient une langue inconnue. Mais curieusement, lorsqu’il se remémora ses rêves, Ermac eu comme une sensation de déjà-vu, comme s’il avait vécu parmi ces personnes dans une autre vie. Cela le perturba un instant, mais il oublia cette pensée en avalant sa deuxième bouchée de viande séchée.
 
Va me falloir terminer cette mission en vitesse, ça m’gonfle cette bouffe…
 
Pour la première fois depuis un long moment, voire des années, une mission avait été allouée à Ermac, on lui faisait enfin confiance. Et étant donné le coté dangereux de cette mission, il avait apparament fait très bonne impression. Son but était de localiser et exterminer le gang des Hamsters Kamikazes, les fameux HK qui terrorisaient la région depuis de longs mois…
 
Ermac avait demandé une description des membres de ce gang au fonctionnaire chargé de distribuer les ordres de mission aux valeureux aventuriers de tout poil. Celui-ci le regarda ébahi, se demanda de quelle prairie était issu Ermac.
-         ben quoi, z’avez jamais vu un hamster ?
-         certes, mais ce ne sont pas ces bestioles de 150 grammes qui vous terrorisent, non ?
-         c’est que vous n’avez jamais vu l’un d’entre eux, alors.
-         C’est pourquoi je vous en demande une description, répliqua Ermac en essayant de contenir sa colère. Il avait attendu trop longtemps dans la file d’attente, et qu’ensuite l’homme revienne de sa pause, pour entendre des remarques sarcastiques de sa part.
-         Ben, c’est pourtant simple : imaginez un hamster, avec un bandana rouge sur le front et une ceinture de dynamite adaptée à sa taille.
-        
-         quoi ? faites pas cette tête !
-         et vous craignez… bon, bref, donnez moi ça, je signe et j’me casse d’ici en vitesse.
 
Sous un soleil de plomb, écrasé par la chaleur d’un été implacable, Ermac se demandait par où commencer. Localiser des hamsters n’était effectivement pas chose aisée, tout kamikazes qu’ils aient pu être. Il s’assit et se mit à réfléchir.
 
Après avoir dormi une bonne heure, il se décida à aller visiter la ville qui s’étendait devant lui : Pug’ib. Il constata le côté singulier des habitants : ils dodelinaient sans cesse, marchaient tête baissée et le regard méfiant, crachaient continuellement par terre après vous avoir regardé, et avaient un dialecte… particulier. Ermac s’approcha de l’un d’eux et luidemanda des renseignements concernant sa mission.
-         bonjour, mon brave.
-         Wesh, gros, big up !
-         Euh... certes. En fait, voyez-vous, j’aurais voulu savoir si vous aviez entendu parler du gang des HK…
-          T’as dit quoi ? z’y va, mon frère, j’capte que dalle à c’que tu jactes !
-         gné ? bon, bref, on va faire simple. Z’avez vu des hamsters kamikazes dans le coin ?
-         ah ouais, direct man ! j’imprime grave, là ! Ces enfoirés ont fait sauté le keb’ du oinc !
-         … mais encore ?
-         ben on croirait pas com’as, mais ils sont grave dangereux, les bestiaux ! Z’ont les glandes, les bob ici maintenant !
-         … certes. Merci des renseignements, mon brave.
 
Ermac s’éloigna de son interlocuteur, et alors qu’il se demandait auprès de qui se renseigner, il entendit une détonation un peu plus loin. Ermac adopta la technique dite du « chevalier-qui-court » et se rapprocha du lieu de la déflagration. Il se faufila au travers de la foule de curieux, et vit plein de sang partout… Fort de son statut d’aventurier, il se permit d’examiner le lieu : il s’agissait apparement d’une taverne, car l’air était saturé d’odeur de bières de toutes sortes, et une pancarte sur laquelle était inscrit « Taverne des mecs bourrés » pendait au-dessus de la porte.
 
Erma choisit de n’ignorer aucune piste ; s’agissant d’une taverne, la déflagration avait pu faire suite à une bagarre ayant mal tournée. Il mis aussitôt cette hypothèse de côté lorsqu’un autochtone lui montra un parchemin rédigé dans une langue assez étrange.
-         vous qu’avez l’air calé, y’a quoi d’écrit là ?
-         Hum. D’après mes grandes connaissances en la matière, et si je ne me laisse pas abuser par le côté hautement explicite de ce texte, en vertu de…
-         Oh là, mon pote, cherche pas à m’rouler, t’as pigé ? Sinon j’donne pas cher de ta peau ici !
-         … mouais. Bref. Voilà ce qui est écrit :
 
Moi, Pollux, Grand Prêtre de l’Ordre des Hamsters Poilus et Maitre du gang des Hamsters Kamikazes, j’espère vous avoir bien fait souffrir, vous les humains qui nous faites faire des choses horribles ! Depuis trop longtemps nous étions vos esclaves, depuis trop longtemps nous n’étions que l’objet de vos railleries et de votre amusement.
Mais ce temps est révolu, car moi, Pollux, suis l’instigateur d’une guerre à venir, une grande guerre comme jamais on n’en a vu, une guerre opposant les humains aux hamsters ! Un jour les hamsters se soulèveront en masse et viendront jusque dans vos maisons s’occuper de vos enfants !
Je dis un jour, car pour le moment, le gang des Hamsters Kamikazes se met en stand-by, étant son dernier représentant. Attendez-vous cependant à ce qu’un jour, l’un des notres reprenne le flambeau ! Craignez la furie des hamsters !
 
Hamsterement votre,
Pollux.
 
Tous restèrent sans voix. Cela ne pouvait être vrai. Cela devait être impossible. Le Maitre du gang des Hamsters Kamikazes était venu en personne se donner la mort, et cela provoquait ainsi la fin du gang en question. Cela signaitdonc la fin des attentats, la fin de la terreur provoquée par ces petites bêtes poilues. Un des autochtones laissa échapper une exclamation de joie, aussitôt reoint par ses voisins. Tous étaient soulagés par l’annonce de la fin de la Grande Peur.
 
Tous sauf Ermac. Il restait immobile, la tête penchée, se posant plein de questions. Lui qui s’attendait à vivre la grande aventure, à livrer bataille face à une armée de monstres en tous genres, à sauver des princesses, alors qu’au lieu de cela, sa quête s’était achevée de la plus absurde des manières. Certes, le papier qu’il tenait dans la main prouvait que le but de la mission était atteint, mais serait-il payé ? Sa présence avait-elle été utile ? L’administration n’en profiterait-elle pas pour économiser encore une fois une prime qui lui était dûe ?
 
Toutes ses questions lui trottaient dans sa tête. Alors que les autochtones dansaient le zouk autour de lui pour fêter l’évênement, il serra les poings dans un mouvement de colère. Lui qui avait un jour pensé pouvoir changer de vie et vivre une vie d’aventurier dans ce monde, tout tendait à lui prouver le contraire. Rien ne se passait comme il l’espérait ici-bas, et cela l’exaspérait au plus haut point.
 
Des nuages apparurent dans le ciel, sombres comme la nuit. La température chuta de plusieurs degrés. Le vent se leva brusquement, formant ici et là de petits tourbillons soulevant de la poussière. Le tonnerre gronda et on vit des éclairs tomber dans le village. Le bruit en était assourdissant. Les villageois prirent peur ; rien de pareil ne s’était jamais produit dans le coin. Alors qu’ils commençaient à courir dans tous les sens pour rejoindre des abris, le sol se mit à gronder sous leurs pieds et des rochers se mirent soudainnement à s’arracher de la terre, comme si la gravitation était devenue inexistante.
 
Une énorme déflagration jaillit brusquement et rasa le village entier en quelques secondes. Aucun villageois n’y survécu, tous furent désintégrés par la puissance du souffle destructeur. Ermac, qui s’était trouvé au centre de cette déflagration, avait fini de hurler. Il perdit connaissance et s’écroula. Il était le seul survivant au milieu d’amas de rochers, au milieu de ce qui avait été un village quelques minutes plus tôt et qui n’était maintenant que ruines fumantes sans vie…   
 
par Dadzou publié dans : Textes
Vendredi 17 novembre 2006

           Les nuages sont noirs, transformant le jour en nuit. Une pluie drue tombe du ciel, et les gouttes ont juste le temps de venir mourir sur mon visage que déjà le vent qui fouette violemment mon visage épuisé les emmène au loin.

           Dans l'air flotte une forte odeur de sang, de chair brûlée et d'arbres calcinés. A mes pieds, gisent des dizaines de corps mutilés, sans vie. Il y en a à perte de vue. Que s'est-il passé ? Pourquoi suis-je le seul en vie parmi ces morts anonymes ? J'ai les mains ensanglantées. Et pourtant, je n'ai aucune blessure apparente. Serai-je à l'origine de ce massacre ?

 

           Aussi loin que je me souvienne, on avait établi un siège au sein d'un ancien batiment. On s'était préparé à sortir, à affronter les monstres qui nous attendaient dehors. Des zombies ? Probablement. Je ne m'en souviens pas tellement, en fait. J'ai d'ailleurs du mal à me rappeler ce qui a suivi notre sortie. Une chose est sûre cependant: je dois être le dernier survivant. Et je me demande comme cela peut être possible. Je n'ai, à ma connaissance, aucune aptitide au combat. Alors, que s'est-il passé ? Où sont les autres ?

           Tu les as simplement tué, c'est tout...

           - qui est là ?

 

           Alexis se retourna brusquement, et regarda autour de lui, paniqué. La voix qu'il avait entendue avait semblé proche, quoiqu'un peu distante en même temps. Et il y avait eu cette façon de siffler les mots, si familière... Il n'y avait personne. Alexis était bien seul, entouré de plusieurs dizaines de cadavres, avec le bruit des bourrasques de vent pour unique compagnon.

 

           - bah, j'ai dû rêver... la fatigue, sûrement... c'est normal, après tout, n'importe qui deviendrait fou dans une situation pareille...

           Ne vas pas mettre ma présence sur le compte d'une soi-disant folie, ce serait une grave erreur, mon cher...

           - où êtes vous ? montrez-vous !

           Humm... je crois que cela m'est impossible pour le moment... si nous continuions à discuter plutot ?

           - que me voulez-vous ? et qui êtes-vous ?

           Te dire mon nom ne t'aidera pas dans ta quête de réponses. Allons à l'essentiel: c'est bien toi qui a tué tous ces gens. Ne fais pas cette tête, voyons ! Rappelle-toi le plaisir que tu y a pris. C'était dément, n'est-ce pas ? He he he !

           - Non... c'est impossible... comment j'aurais pû ? je déteste la violence, bordel ! J'y suis pour rien, là-dedans ! Foutez-moi la paix !

           C'est tellement plus simple de dire ça ! Alors quand tu m'as appelé à l'aide, au moment où tu en avais le plus besoin, imagine que je ne sois pas intervenu... imagine un peu les dégats... tu serais parmi eux, à l'instant présent !

 

           Alexis tomba à genoux, le visage en pleurs dans ses mains. Il n'en pouvait plus. Il était nerveusement épuisé. Il aurait presque préféré mourir, lui aussi. Mais il en était autrement. Il avait survécu, et lui seul était dans ce cas. Cependant une question se posait: qui était cette personne qui lui parlait et semblait être au courant de tout ce qu'il s'était passé ? Il ôta les mains de devant son visage, et se redressa.

           C'est bon, cette fois ? Tes souvenirs te reviennent  ?

          

           C'était effectivement le cas. Alexis était en train de se remémorer petit à petit ce qu'il s'était passé depuis la sortie de leur groupe. La porte s'était ouverte, ils étaient sortis en même temps, tous plus appeurés les uns que les autres. Leur leader avait à peine eu le temps de faire quelques mètres que déjà cinq zombies lui étaient tombés dessus. Même lui n'avait pas été suffisamment préparé. Pas étonnant que tous aient péri.

           Il se souvenait avoir vu son ami Leon se faire dévorer sous ses yeux. C'était un vrai massacre. Et alors qu'il allait y passer, il se souvint soudain avoir entendu une voix lui proposer de l'aide. De la puissance, la force de se surpasser pour terrasser ses adversaires et s'en sortir indemne. Le prix à payer ? Peut-être quelques dommages collatéraux... Rien de grave, soi-disant. Seulement tout le monde avait péri.

 

           Alexis se remémora les derniers instants ayant précédé son amnésie. Il avait perdu son arme, il était isolé et des zombies avaient commencé à l'aggripper. Il avait pensé que sa dernière heure était venue, et c'est à ce moment que de l'aide inespérée lui avait été proposée. Pourquoi la refuser ? Après tout, peut-être valait-il mieux vivre, quelqu'en soit le prix à payer. Mais maintenant il commençait à regretter. Il ne savait toujours pas qui lui avait proposé de l'aide, mais il reconnaissait maintenant cette même voix sifflante. Cette voix n'appartenait à rien de physique... mais était dans sa tête.

 

           C'est bon maintenant ? On peux recommencer à discuter ?

 

          L'autre avait l'air amusé, et parlait d'une voix moqeuse. Alexis se tint debout, malgré les rafales de vent qui lui cinglaient le visage, et décida de réagir calmement.

           - que me voulez-vous ?

           Tu devrais t'en douter. Le pouvoir. On peut faire de grandes choses, ensemble. Tu as un corps en bonne santé, j'ai la Puissance. A nous deux, nous pouvons inspirer la terreur, le respect. Laisse-moi juste prendre le controle de ton corps.


           - jamais ! Je ne vous laisserez pas semer la mort en utilisant mon corps ! Et puis quoi, encore ?

           Tu ferais mieux d'y réfléchir, petit. Sans moi, tu n'es rien. Tes amis sont morts. Ta famille n'est plus. Tu es seul, et comme tu as pu le constater, ce monde a commencé à périr. Il te faudra te battre pour survivre. Tu penses pouvoir y arriver ? Erreur, petit, erreur ! Tu ne vivrais pas une journée entière ! Tu as besoin de moi !

           - alors plutot mourir maintenant !

 

           Sur ces paroles, Alexis saisit le poignard qu'il avait repéré à ses pieds plus tot. Il le dirigea violemment vers sa poitrine... mais son mouvement s'arreta brusquement à un centimètre du torse. Il lutta pour essayer de l'enfoncer, mais n'y parvint pas. Son visage se crispa, un rictus de douleur s'y dessina. Puis son regard s'assombrit. Il sourit et relacha son étreinte sur le poignard, qui tomba à terre.

           Le corps d' Alexis se mit à trembler sous l' effet de spasmes, et il éclata de rire d'un rire suraigue. Il mit les mains dans les poches de son pantalon, et s'en alla.

par Dadzou publié dans : Textes
Mardi 31 octobre 2006

Kerps ! Je suis où, là ? Bon, on se calme mon pote, c'est encore une de mes crises de somnambulisme. Cela ne m'était pas arrivé de puis longtemps... Alors, d'abord, repérer les lieux... Apparemment, je suis à côté de mon bureau; ça tombe bien, je vais pouvoir allumer la lampe. Clic. Clic. Ah ben non. C'est bizarre, cette ampoule n'était pas morte hier soir. Heuresuement, je connais les lieux par coeur. Direction: mon lit, je vais essayer de me rendormir.

 

Ah, le voilà. Hop ! Couché, Dadzou ! Au passage, il est quelle heure ? ... tiens, apparemment on n'a plus de courant. Mon radio-réveil fonctionnait parfaitement hier soir, lui aussi. C'est étonnant, en plein automne, une coupure de courant. En plus il n'y a pas de travaux dans le coin. Et surtout, j'ai soif maintenant ! Hop, direction: la salle de bain, chercher ma montre. C'est pratique, la lumière de la lune en cas de coupure de courant ! Cela me permet de voir que les portes des chambres de mon frère et de ma soeur sont ouvertes. Bizarre, ça aussi. Bon, je récupère ma montre, et je descends boire un coup. Le reste, on verra après. Chaque chose en son temps.

 

Ainsi, il est 3h ? Quoique... même ma montre est arrêtée. Bon, je vais boire ce fichu verre d'eau. Mine de rien, ce silence est inquiétant. Et si mon frère et ma soeur ne sont pas dans leur chambre, alors qu'ils y étaient hier soir, où peuvent-ils bien être ? ça m'perturbe ! Bon, je descends quand même, j'ai carrement la gorge sèche là ! Ah ben maintenant, c'est la porte d'entrée qui est grande ouverte ! C'est pas croyable ! Il se passe quoi, ici ? Heureusement, le réfrigérateur n'a pas changé de place (sait-on jamais...). Je peux donc m'envoyer ce verre d'eau à travers le gosier.

 

Maintenant, il s'agit de comprendre ce qu'il se passe. Pas de courant dans la maison. J'ai pris soin de vérifier au niveau du rez-de-chaussée. Ma famille s'est volatilisée, laissant toutes les portes ouvertes. Et un silence de mort règne, ici. D'habitude, on peut entendre les voitures sur la route, au loin. Mais cela est peut-etre lié au fait que même ma montre soit arrêtée; il a dû y avoir un orage magnétique, ou un truc dans le genre. Je vais sortir faire un tour, apres tout cela sera toujours mieux que rester ici à ne rien faire.

 

Dehors, curieusement, il a beau faire nuit, on y voit assez pour avancer. Il faut dire que la lune y est pour beaucoup, parce que les lampadaires sont comme tout ce qui utilise de l'énergie électrique: hors-service. Bon, à ce que je vois, ou plutot d'apres ce que j'entends (c'est-à-dire rien...), je dois être seul. Le vent fait bouger les feuilles dans les arbres, mais ceci sans émettre le moindre son. Et pour tout dire, on se croirait dans un mauvais rêve. Il règne une atmosphère étrange...

 

Tiens ? J'entends du bruit là-bas ! Peut-etre est-ce quelqu'un qui est dans le même cas que moi ! Après tout, je ne dois pas être le seul à trouver cette situation bizarre. Bon, allons voir ce que c'est. Quoi ? Un chien ? J'aime bien les animaux, ce n'est pas le souci, mais dans une situation pareille, avoir quelqu'un d'autre sur qui compter peut s' avérer sympa. Surtout que ce clebs a l'air zarb. Il titube, il doit souffrir de quelque chose. Et le voilà qui tremble ! De la fièvre, peut-être. Je ne suis pas vétérinaire, après tout. Et ce clebs me gonfle, je voulais vraiment voir un humain, moi !

 

Euh... j'ignore de quoi il est souffrant, mais... c'est quoi, ces tentacules qui viennent de s'extraire de son dos ? Ce qui fut un chien normal, vient de se transformer sous mes yeux ébahis en monstre muni de tentacules qui fouettent l'air au-dessus de son dos, comme si ces choses cherchaient quelque chose... ou quelqu'un. Et d'ailleurs, pourquoi me regarde-t-il, maintenant ? Je pense qu'il est temps de partir. Faire face à mains nues à cette créature ne m'apporterait pas grand-chose. D'autant plus que le chien de tout-à-l'heure a pris du volume en plus de sa mutation dorsale; ça craint.

 

Je n'aime pas cette idée mais, pour une fois: fuyons ! Je retourne donc à l'intérieur, et je monte m'habiller. Parce qu'avec tout ça, j'avais zappé que j'étais encore en pyjama. Si je veux éclaircir le mystère qui enveloppe cette nuit, autant le faire habillé convenablement. Et s'armer. Je prends donc mon couteau de chasse, que j'avais acheté à l'époque du collège. Je pense qu'il va enfin m'être utile. Cette fois, c'est bon. Je vais redescendre, sortir, et lui régler son compte, au clebs zarb dehors !

 

Hein ? il n'est plus là. Bizarre. A moins qu'il ne se cache pour mieux me surprendre. Restons sur nos gardes. Je vais aller vers le centre-ville, peut-etre croiserai-je plus de monde en chemin. Aaah ! Ce salaud m'a surpris ! Ok, viens, je t'attends ! Le monstre se ramasse sur lui-même, et saute en direction de ma gorge. Curieusement, ses mouvements ont l'air ralenti, et j'ai donc le temps de l'esquiver, pour contre-attaquer et lui planter le couteau sous la gorge. Le monstre s'écroule, et ne se relèvera pas. Il est allongé sur le flanc gauche, un dernier spasme, et c'en est fini de lui.

 

Je récupère mon couteau, on ne sait jamais. Si je croise un autre monstre, j'espère que ses mouvements seront également ralentis, c'est plutot pratique pour se défendre ! En attendant, le monstre est en train de se transformer en poussière. C'est vraiment bizarre, tout cela. Mais que se passe-t-il, ici ? Quelqu'un pourrait-il m'éclairer, à la fin ? Ah... maintenant que j'y pense... Debout, Dadzou ! Réveille-toi !

 

Je suis dans mon lit. C'est déjà mieux. Il est 5h du matin. Plus qu'une heure et demie avant que le réveil sonne. Je préfère ça, je ne sais pas pourquoi j'ai révé d'un truc aussi bizarre. Mais bon, me voilà de retour dans la réalité, et demain je verrai tout le monde bien vivant, et des chiens sans tentacule sur le dos. Bonne nuit, Dadzou !

 

Dadzou n'avait pas vu qu'il était observé. Pourtant, au sein même de sa propre chambre, une forme sombre souriait en le regardant dormir. Seuls son sourire et ses yeux étaient apparents. Mais la scène avait l'air de lui avoir énormement plu.

par Dadzou publié dans : Textes
Mercredi 25 octobre 2006

           Il était entouré d'une demi-douzaine de types pas commodes... de vraies armoires, ces gars ! Il prit le temps de les regarder, tourna plusieurs fois sur lui-même jusqu'à avoir des vertiges. L'un des hommes à l'air patibulaire prit la parole.

- T'es qui, toi ? Qu'esse tu fous là ? J'te préviens, l'blaireau, on m'la fait pas à moi ! Ici, j'suis connu ! Le Gros Bill, qu'on m'appelle ! Et c'est pas un naze comme toi qui va faire sa loi ici, c'est pigé ? Alors ? C'est quoi ton nom ?

- Yé souis Sancho.

          

           Sancho plissa les yeux en fixant intensement le Gros Bill. Il se dit qu'ici, on pourrait l'aider dans sa quête désepérée, mais qu'il lui faudrait d'abord se débarasser des six gros nazes qui l'entouraient. Il dégaina son arme fétiche, qui était restée accrochée dans son dos depuis trop longtemps à son gout. C'était une magnifique guitare accoustique à six cordes, dont quatre étaient manquantes. D'apparence inoffensive, elle se révéla redoutable lorsque Sancho se mit à jouer les premières notes de "Caravane", le titre à la mode du ménestrel Rapha-kael. Des nuages apparurent dans le ciel. En même temps, ils ne pouvaient pas apparaitre ailleurs. La pluie se mit à tomber violemment, et les six hommes qui entouraient Sancho prirent peur.

- Un démon ! C'est un démon !

- Au secours ! Faites cesser ce bruit ! C'est affreux !

- Mon linge va êt' trempé !

 

           Sur ces paroles, ils prirent la fuite, laissant Sancho seul... et trempé de la tête aux pieds. Kerps ! Pas pratique, ce sort... Il remit la guitare sur son dos, et se dirigea vers la taverne la plus proche. Il avait lu dans son manuel de Survie en Milieu Hostile que les tavernes étaient un lieu propice aux renseignements. Sancho était donc persuadé de trouver la piste de celui qu'il recherchait dans cette taverne. Il rentra, et fut choqué: seulement deux personnes s'y trouvaient ! Le barman, et un ork qui lui semblait familier. Sancho s'approcha du bar, et réalisa que l'ork assis à coté de lui était un ancien joueur de Bloodbowl local relativement réputé, un certain Lesendar.

- yo !

- ouaip... j'vous sers quelque chose ?

- Yé souis Sancho.

- oui, mais ça j'm'en fous. Vous voulez boire quoi ?

- Oune Tequila, señior !

          

           Sancho se tourna en direction de Lesendar... qui lui parut moins charismatique que sur les affiches. Ce pauvre bougre avait l'air épuisé, peut-etre avait-il trop pratiqué le sport récemment...

- Excousez-moi, messire Lesendar. Yé souis à la recherche d'un homme. Oune certain Ermac. Vous en avez entendu parler ?

- Groumpf ! Vous m'gonflez, tous avec vos pseudo-quêtes bidons ! La s'maine dernière, c'était un gosse qui courait après un anneau, hier c'était la mère Michelle qui avait perdu son chat... foutez-moi la paix, bordel ! Débrouillez-vous, avec vos histoires qui sentent le tas de caca !

          

           Sancho fut outtré. Quel grincheux ! Il n'en avait pas cette image-là, bien que Lesendar ait mauvaise réputation dans cette région, surtout depuis que son équipe avait remporté le tournoi de Bloodbowl grace à lui. Alors que Lesendar se tourna vers son verre, et replongea dans ses pensées d'un air maussade, Sancho se dit qu'il valait mieux pour lui qu'il s'en aille voir ailleurs. Il vida sa choppe fraichement servie, s'essuya la bouche avec le dos de sa main, et sortit de la taverne.

 

           C'est lorsqu' il vit la ville en bon état, sans aucun signe de dégradation visible, que Sancho réalisa qu'en fait, Ermac ne pouvait en aucune manière être passé par là. Il y aurait des travaux partout. Sancho vissa son sombrero sur sa tête, s'assura que ce qu'il lui restait de guitare était bien fixé dans son dos, et se remit en route vers de nouvelles aventures. Il se jura intérieurement de venger la mort de son frère Pedro, lachement assassiné par Ermac lors de sa première aventure.

par Dadzou publié dans : Textes
 

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