Dog Fashion Disco - Adultery

"Combine elements of the most disturbing film-noir, metal, hardcore, jazz and ska. Whatever you may call it, Baltimore's Dog Fashion Disco call it Movie Metal."
Voilà la description faite par le label (Rotten Records) pour cet excellent album du groupe Dog Fashion Disco. Cet album constitue le troisième de leur discographie, si on met de coté leur deux EPs Experiments in Alchemy et The Embryo's in Bloom, ainsi que leur CD/DVD live The City is Alive Tonight, sorti l'an dernier. Il fait donc suite à l'album Anarchists of Good Taste (2001) et Committed to a Bright Future (2003).
Je trouve que Dog Fashion Disco (DFD) a réalisé son chef d'oeuvre, rien de moins. En écoutant Adultery, on croit se trouver en face d'une BO de polar, mélangeant des éléments hardcore et metal, voire jazz ou ska (comme le pont sur la chanson-titre). La première piste est une intro au piano, assez inquiétante. Puis, roulement de batterie pour débuter la chanson la plus violente de l'album (The sacrifice of Miss Rose Covington), dans laquelle les influences hardcore se font sentir. Un titre qui fera mal en concert !
Puis vient le "single" Silent Film, avec son ambiance déjantée, et son pasage jazz vers la fin du morceau. Sweet Insanity fait presque office de ballade, mais plus dans un esprit Faith No More que Hoobastank, et nous fait découvrir un aperçu des facultés vocales du chanteur. Le morceau qui suit, Desert Grave, me rappelle la country-folk du groupe 16 Horsepower. Excellent interlude avant d'entamer le morceau supra-groovy qu'est Moonlight City Drive ! Là-dedans, toutes les influences se mélangent pour donner un de leurs meilleurs morceaux, tout simplement.
La suite de l'album est construite dans le meme esprit: des interludes séparent les morceaux plus "classiques", si un morceau mélangeant jazz, hardcore et metal peut être qualifié de classique... Private Eve, par exemple, est un interlude lancinant dans lequel des dialogues entre un homme et une femme, précédés par une voix off plantant le décor, remplacent le chant. Et Mature Audience Only, morceau instrumental cloturant l'album, profite de l'utilisaton de violons pour instaurer une ambiance oppressante... fin magnifique pour album exemplaire, qui mériterait d'être mieux connu, surtout pour les fans de groupes de fusion des années 90 tels Faith No More ou Infectious Grooves.